cature d'écran de ma sorcière bien aimée avec une tete dans un plateau pour illustrer l'article PCPL par ci par la dédié à nicolas de la reynie et la princesse jabirowska

La Jabirowska : Tueuse en série et collectionneuse… de têtes !

 

Paris 1676.
Nicolas de la Reynie est lieutenant général de police depuis 9 ans.
Et Nicolas est content…

– Il a démantelé la Cour des Miracles, petit microcosme voyou qui avait transformé le coeur de ville en no man’s land.
– Il a fait installé 6000 lanternes pour éclairer les rues (l’expression « Paris Ville lumière », ça vient de là).
– Il a mis en place la collecte des déchets et l’assainit les rues (notamment avec l’instauration de la Taxe des Boues et Lanternes)
– Il a fait paver les rues et les voies de circulation.
– Il a instauré le premier code de la route.
– Il a réorganisé le guet…
Bref il a grandement sécurisé Paris, alors plus grande ville du monde. .

Alors Nicolas est content (je l’ai déjà dit), et il a de quoi !

Mais quelque chose chiffonne Nicolas.
Un petit truc qui le titille et qui l’empêche de savourer pleinement son dur labeur et de se la péter comme il le devrait.

Voilà qu’un 26ème jeune homme vient de disparaitre.

En effet, depuis quelques semaines, pas moins de 26 beaux garçons entre 17 et 25 ans se sont purement et simplement volatilisés dans la capitale.

Ca fait tache sur son CV, et Nicolas, il aime bien les CV sans tache.

Les rumeurs vont bon train et rien n’est trop farfelu :

Pour certains, c’est l’œuvre du malin et d’une mystérieuse princesse qui doit prendre un bain de sang humain quotidien pour soigner une mystérieuse maladie de foie (la Bathory est de retour !).

Pour d’autres ça vire carrément à la guerre de religion : ce serait les juifs qui s’amuseraient à crucifier les chrétiens (sans qu’on sache vraiment si tous les disparus l’étaient par ailleurs chrétiens… mais on n’est pas à ça près ! )

L’affaire est grave et monte aux oreilles de Louis XIV qui offre 1000 livres de récompense à qui permettra de résoudre ce cas.

gravure de nicolas de la reynie pour PCPLAutrement dit, malgré tous ses bons et loyaux services, Nicolas n’est pas loin de se faire lourder…

Heureusement il a un adjoint sur qui il peut compter, son docteur Watson à lui : l’exempt Benoît Lecoq.

Un peu du genre jusqu’au-boutiste, Lecoq propose à Nicolas de tendre un piège aux mystérieux ravisseurs en utilisant comme appât son propre fils de 17 ans : Exupère (pas facile à porter ce prénom…).

Selon Saint-Simon, « le jeune homme sortit en grande toilette, avec chaînes d’or, plaques d’argent et deux montres à son gousset » et se promèna en fin d’après-midi au Luxembourg, dans les allées des Tuileries etc…
Après 5 jours de promenade deux femmes (une jeune et jolie, l’autre vieille et… vieille) abordent Exupère.

La vieille, lui raconte alors l’étrange histoire de sa maîtresse, la princesse déchue Jabirowska, fille d’un prince de Pologne tragiquement assassiné, qui souhaite se marier en France.

Exupère flaire la piste, se prétend fils d’un riche médecin et se déclare prêt à épouser la belle. (c’est un peu rapide tout de même !)

Rendez-vous est pris pour le soir même devant l’église Saint-Germain-l’Auxerrois.

Au crépuscule la marâtre maquerelle emmène notre jouvenceau dans une bicoque du quai des orfèvres (ou de la rue Courtalon, on ne sait pas trop, les versions divergent sur ce point) sous le regard de papa Lecoq et d’une escouade de police évidemment en planque.

Le plan est simple, Exupère doit siffler et appeler à l’aide au moindre danger.

Mais rien… pas un sifflement… pas un cri…

Inquiet pour son fils, papa Lecoq donne l’assaut.

C’est là, dans cette petite maison qui payait pas de mine, que lui et ses hommes découvrent dans un grand placard 26 têtes momifiées délicatement posées sur des assiettes en argent !

Emmenée au Châtelet pour interrogatoire, la « princesse polonaise » se révèle n’être qu’une aventurière anglaise, une certaine Guilford qui, avec sa fausse servante, attirait les riches jeunes gens avant que ses hommes de main ne les tuent.

Argent, bijoux et valeurs étaient ensuite partagés.

Les jolies têtes en plat de service attendaient quand à elles d’être expédiées en Allemagne, vendues à des savants amateurs de phrénologie (études des bosses du crâne)

Et les corps dans tout ça ?

Et bien là encore, la polonaise n’était pas du genre à gâcher : elle les avaient tout simplement vendus aux étudiants en médecine de la capitale !

Une fois la Jabirowska sous les verrous, Nicolas pu enfin savourer son succès… enfin jusqu’à l’affaire des poisons qui lui causa aussi bien du soucis le pauvre…