Comment le corps de Louis XIV atterri t’il dans une Fosse Commune ?

ossuaire et squelette pour illustrer l'article PCPL parci parlà dédié aux obsèques et a la profanation de la tombe de Louis XIV à la basilique saint denis


« Le 1er septembre 1715, Louis XIV meurt d’une ischémie aiguë du membre inférieur, causée par une embolie liée à une arythmie complète, compliquée de gangrène aux alentours de 8 h 15 du matin, entouré de ses courtisans, après une agonie de plusieurs jours.
Son règne a duré 72 années et 100 jours
(54 années de règne effectif si on retire la période de la régence de 1643 à 1661). »

Le Roi est mort !
Vive le Roi !
Merci Wikipédia !

Nous sommes donc le 1er Septembre 1715 et Louis XIV n’est plus.
Il faut organiser les obsèques dare-dare mais quand quand on a été roi : le protocole est stricte !


Au lendemain du décès, survenu selon la tradition dans la Chambre du Roi devant l’ensemble de la cour éplorée (concerto de kleenex et tout le tralala), le corps de Louis XIV est transporté dans l’Antichambre de l’Œil-de-bœuf du château de Versailles pour être traité.

reliquaire contenant le coeur de Louis XIV après embaumement
C’est alors qu’il est triparti.
C’est à dire qu’on le divise en 3 parties distinctes :
le corps à proprement parlé qui sera enfermé par la suite dans un cercueil de plomb et de chêne.
les entrailles qui finiront enfermées dans une petite urne.
– et enfin le coeur qui trouvera sa place dans un reliquaire en plomb.

Tandis que le cercueil est exposé une bonne semaine dans le salon de Mercure du Grand Appartement pour y recevoir les honneurs dus à son rang, les viscères et le coeur de Louis XIV quittent Versailles dès le 04 septembre.

L’urne des entrailles est déposée sous le grand escalier menant au Maitre-Autel de la Cathédrale Notre-Dame où est déjà conservée l’urne des viscères de papa Louis-XIII.

Le coeur quand à lui part pour l’Eglise Saint Louis des Jesuites (aujourd’hui appelée l’Eglise Saint-Paul Saint-Louis dans le 4ème arrondissement de Paris) où il est conservé dans un très beau Cardiotaphe de vermeil signé Guillaume Coustou.

Il faut donc attendre le 8 septembre 1715 pour qu’enfin le corps de Louis XIV quitte Versailles pour Paris.
Le cortège s’ébranle vers 19h (voyager de nuit permet d’éviter de subir d’éventuelles vindictes populaires) et met pas moins de 10 heures pour atteindre la Basilique Saint Denis, berceau des sépultures royales.

Il faudra toutefois encore attendre 40 jours (durant lesquels le cercueil est présenté au public pour hommages) avant qu’enfin, le corps de Louis XIV n’atteigne définitivement le caveau des Bourbons, le 23 Octobre 1715.

Définitivement ?
Eh ben non : la Révolution-Française est passée par là !

En 1792, la Révolution traine en longueur (nan parce qu’on parle toujours de 1789, mais ça a duré un peu plus longtemps quand même faut pas croire) et ça commence à poser de sérieux problèmes logistiques.

Il faut du métal pour faire des balles. Et vite !

Après la chute de la monarchie constitutionnelle le 10 août 1792 (prise des Tuileries), une première série de profanations des sépultures de Saint Denis est engagée par le gouvernement provisoire qui ordonne la fonte des monuments en bronze, argent ou métaux divers.
47 tombeaux de la Basilique sont ainsi démontés.

Comme c’est toujours dommage de s’arrêter quand on est bien lancé, le 31 Juillet 1793 on décide de retourner chopper du matos à Saint Denis, mais cette fois on ne fera pas les choses à moitié : on va s’attaquer aux « cendres impures » des tyrans en même temps. (promis je vous fais un petit papier prochainement sur la profanation de la nécropole royale parce que ça vaut son pesant de cacahuètes ! )

Bilan :
Le 14 Octobre 1793, entre autres cercueils (Louis XIII, Anne d’Autriche, Marie Thérèse…), celui de Louis XIV est éventré pour en récupérer le plomb.

On constata alors que la tête avait été sciée à l’embaumement mais on trouva « son visage reconnaissable par ses grands traits mais il était noir comme de l’encre ».

Le corps de Louis XIV fut alors jeté, comme tous les corps royaux profanés lors de ces événements, dans une grande « fosse commune royale » creusée pour l’occasion et recouvert de chaux vive.

cenotaphe du roi soleil à la basilique saint denis, nécropole royale de france après que le corps de louis XIV ai été jeté à la fosse communeIl faudra attendre que Louis-XVIII ordonne des fouilles en 1817 (sous la Restauration) pour que, ce qu’on retrouva de celui qui fut le grand Roi Soleil soit ramené à l’ossuaire de la Basilique Saint-Denis.
Mais aucune identification n’ayant été possible, tous les os royaux sont aujourd’hui mélangés pèle-mèle dans l’ossuaire.

Voilà pourquoi, quand vous visitez la nécropole des rois, vous n’y voyez quasiment que des cénotaphes !
Il n’y a physiquement plus personne depuis la Révolution Française… (sauf Louis XVIII, roi de la restauration donc mort après la révolution française, CQFD !)


Et l’urne des viscères alors ?
Et le cœur ?

Eh bien le coeur ne reposa pas vraiment en paix non plus et ce qu’il en advint étant tout bonnement dingue, je vous en ai fait un petit article spécial que vous pouvez lire en cliquant sur le joli p’tit bouton juste là !


Toutefois, n’étant pas cruelle au point de vous laisser là, tout pantelant, je vous livre une dernière anecdote avant de partir :

Au 19ème siècle, l’architecte François Debret tomba miraculeusement sur une bien étrange casserole chez un chaudronnier de Saint-Denis.
plauqe d'identification du cercueil en cuivre retrouvée par Francois debret
A y regarder de plus près, Debret constata que ladite casserole était un assemblage de plaques de cuivre et que sur l’une d’elle étaient gravées les armes de France et de Navarre, entourées du collier de Saint-Michel et du cordon du Saint-Esprit ainsi que le message suivant :

« Ici est le corps de Louis 14
Par la Grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, très chrétien;
Décédé en son château de Versailles
Le premier jour de Septembre 1715
Resquiescat In Pace »


Deux autres étranges plaques complétaient la casserole portant les noms de
. Marie-Adélaïde de Bourgogne – mère de Louis XV.
. Louise-Elisabeth de France – fille de Louis XV.

La marmite avait ni plus ni moins qu’été fabriquée avec les plaques d’identification qu’on apposait jadis sur les cercueils !

Y’a plus d’respect ma bonne dame… y’a plus de respect …

 

Une autre anecdote ?

portrait de la princesse palatine pour illustrer l'article PCPL dédié à sa correspondance

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